La Muse – Chapitre 10

Réconciliation ?

Ce soir là, en rentrant chez lui Alex était encore plus perdu que jamais. Il ne savait toujours pas où il en était. Il ignorait s’il devait écouter Sarah-Jane ou du moins entendre ce qu’elle avait à lui dire ou non, la seule certitude qu’il avait c’est qu’il ne voulait pas l’entendre se confondre en excuses, il ne voulait pas la voire pleurer ni l’entendre chouiner. Cela l’insupportait au plus haut point.

Il l’aimait. Et même s’il n’était pas croyant, Dieu, en personne, si tant est qu’il existât savait qu’Alex aimait sa Sarah. Sa Sarah !

Il décrocha son téléphone et appela Sarah-Jane.

-Allô ! Ne dis rien. Ne réponds pas. Je ne veux pas entendre le son de ta voix dans une machine. Je dois te faire face. Il est temps. Il faut que je te parle, j’ai besoin de te parler, j’ai besoin que tu m’écoutes. Je n’ai pas envie de savoir ce que tu as à me dire, je ne veux pas que tu te confondes en excuses, je ne veux pas te voir pleurer, je ne veux pas reparler de cette histoire, ni savoir pourquoi tu as fait, e que tu as fait. Si il y a un procès je ne serai pas à tes côtés. Non pas que je ne te soutienne pas, mais parce que je ne suis pas concerné par toute cette histoire.
Si on discute tous les deux, je veux qu’on ne parle que de nous. Si tu es d’accord… Non ne réponds pas. Si tu es d’accord, viens tout de suite. Sinon… Ton silence sera une réponse en soi.

Il raccrocha.

Vingt-cinq minutes plus tard, on sonna à la porte d’Alex. C’était bien Sarah-Jane. Elle se jeta dans les bras de son mari en étouffant un sanglot. Alex la serra très fort. Oui elle l’aimait. Oui elle était la femme de sa vie et être un couple c’était aussi se serrer les coudes en cas de coups durs et s’entraider mutuellement à les surmonter. Ils s’installèrent dans le salon comme à leur habitude, quand ils se retrouvaient tous les deux le soir après une rude journée et avant de décider d’un programme à regarder ou de travailler chacun de son côté sur son ordinateur . Alex s’installa dans son fauteuil club avec un verre de bourbon tandis que Sarah-Jane s’assit dans le coin droit du canapé le côté le plus proche de son mari avec un grand mug de thé brûlant que son époux lui avait préparé, à l’hibiscus, son préféré.

Ce soir là, Alex apprit que sa femme avait été hébergée par son meilleur ami, qu’elle se contenait pour lui avouer tout ce qu’elle avait à lui dire. Il voulut mettre les choses au point d’emblée, il fut sur ce point très direct :

– Je ne veux pas entendre de cris, je ne veux pas qu’on se dispute, je ne veux pas d’esclandre. Là tout de suite, maintenant, ce soir, et ce à chaque fois que nous serons dans cet appartement, ici chez nous, nous sommes et serons uniquement Alex Martin et Sarah-Jane Martin.
Je ne veux pas entendre parler de Max Morgenstar (hormis dans mon bureau ça va sans dire, mais ce sera la seule et unique pièce dans laquelle je serais romancier, dans le reste de l’appartement nous serons Alex et Sarah-Jane), ici nous sommes mari et femme et c’est notre chez nous, pour tout ce qui est boulot ce sera à l’extérieur, sauf quand j’écris bien évidemment. Qu’est-ce que tu en penses ?

-En arrivant ici ce soir je ne savais pas vraiment où tu voulais en venir, si je devais reprendre toutes mes affaires ou non et pour tout te dire, je ne suis pas venue les mains vides.

Sarah-Jane lui tendit deux enveloppes brunes grand format en papier kraft.

-Qu’est-ce que c’est ?

-Comme je te disais, je ne savais pas du tout à quelle sauce je serai mangée ce soir, alors voici deux enveloppes, dans la première, tu pourras lire tout ce que je désire te dire mais que tu refuses d’entendre… pour le moment, ainsi tu pourras lire tout ça quand tu seras prêt.

-Bonne idée… et la seconde ?

-… Écoute, cela fait des jours qu’on ne se parle plus, que tu ne veux plus entendre parler de moi et j’avais peur que tu veuilles clarifier tout ça… Et je ne voulais pas être prise au dépourvu, peut-être par orgueil ou du moins pour ce qu’il me reste de dignité si tant est qu’il m’en reste une once… C’est une demande de divorce… Je… Je…

-Mais Sarah, ma Sarah, je t’aime, tu n’as pas compris. Je suis raide dingue de toi, c’est Barbie Parker que j’exècre. Max Morgenstar ne veut plus entendre parler de Barbie Parker, Alex Martin ne veut plus entendre parler de Barbie Parker c’est de Barbie Parker que je veux divorcer… Pas de toi mon amour et j’ai fait l’erreur de faire l’amalgame entre les deux personnages. Tiens regarde comment je te le prouve.

Alex prit les deux enveloppes et les jeta dans la cheminée. Il enserra sa femme et lui fit promettre de ne plus jamais aborder le sujet du moins lorsqu’ils étaient à la maison.

Dés lors Sarah-Jane se réinstalla dans l’appartement du couple ; chez Sarah-Jane et Alex Martin, les personnages publiques resteraient au -dehors de leur nid d’amour.

Ce soir là, après une réconciliation sur l’oreiller, Sarah-Jane s’endormit pelotonnée contre le flanc de son mari. Alors que ce dernier ne trouva pas le sommeil. Il était là , allongé sur le dos, les mains derrière la tête fixant le plafond. Sa femme, l’amour de sa vie, était revenue à ses côtés et les choses avaient été mises au clair. C’est Barbie Parker qui l’avait déçu, pas Sarah-Jane. C’est Barker Parker qu’il avait rejeté de sa vie, pas Sarah-Jane. C’est de Sarah dont il était éperdument amoureux, pas de Barbie Parker. C’est Sarah qui était allongé là à ses côtés, pas Barbie Parker. Il ne voulait plus entendre parler de Barbie Parker, pas de Sarah-Jane, il aimait Sarah-Jane. Et pourtant…

Pourtant cette nuit là, il ne pouvait se résoudre à penser à cette fan, cette rouquine insolente et imbue d’elle-même fan des dictionnaires de synonymes. Il voyait et revoyait sans cesse la même image s’imposer à son esprit. Il revoyait cette rouquine impertinente lui faire un doigt d’honneur.

Il se releva en faisant attention de ne pas réveiller sa femme, il se rendit dans le salon et regarda l’âtre remplit de cendres et de bois qui se consumait. Il fixa cet âtre, jeta une nouvelle bûche et se dit dans son for intérieur :

-Pourquoi ai-je jeté ces enveloppes au feu ? J’aurais du les prendre et les ranger dans un tiroir.

Il prit le crochet et attisa les braises. Il retourna se coucher. Avant d’entrer dans le lit, il sentit comme une présence derrière lui, il se retourna et vit comme un spectre, un fantôme, il vit sa fan hystérique rouquine lui faire un doigt d’honneur et remonter sas lunettes sur le nez avec son majeur.

Cette nuit là il ne trouva plus le sommeil.

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